"Andre Gunder Frank (1929-2005) : l'économiste errant à l'origine de l'histoire global", soutenance de Thèse d'Adèle Gaillard
Adèle Gaillard, doctorante à PHARE et enseignante à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, soutient publiquement sa thèse de doctorat en sciences économiques le 23 octobre 2026 à 9 h à la Maison des sciences économiques (6ème étage), 106 boulevard de l'Hopital 75013 Paris. Ariane Dupont-Durand est directrice de thèse.
L'accès à la soutenance est possible en distanciel :
https://pantheonsorbonne.zoom.us/j/92631265390?pwd=jGHp0JimS87En0G4YXnE4ZqprLewcy.1
Cette thèse prend comme fil directeur le parcours biographique et intellectuel de Frank (1929-2005) pour proposer une nouvelle lecture de l’économie du développement, en se concentrant sur les contributions qui semblent à la marge du cœur des théories du développement, à la marge à la fois pour les historiens et les économistes contemporains du développement. Elle propose aussi une réinterprétation du parcours de Frank, non pas comme quelqu’un qui a été victime de ses propres évolutions, mais au contraire, comme un « go-between » qui a permis de faire dialoguer les communautés au sein de l’économie du développement et du néo-marxisme.
La construction de la théorie dépendantiste de Frank s’est faite sur deux plans. D’abord, son adhésion progressive depuis le début de sa carrière à Chicago, jusqu’au moment où il peut être considéré comme un intellectuel cubain. Sur le plan théorique, il s’est construit par sa filiation intellectuelle à la pensée de Baran, dont il se détache pour produire une théorie originale.
L’enjeu de la deuxième partie consiste alors à expliquer le renoncement à la dépendance comme le résultat d’une volonté de Frank de réunir l’économie du développement et le néo-marxisme au sein d’une même réflexion théorique.
Le débat, élément structurant de la construction théorique de Frank, lui permet d’engager, dans les années 1970, un dialogue avec plusieurs penseurs. Le premier dialogue porte sur l’échange inégal avec Samir Amin dans le cadre de la théorie du système-monde, leur débat a entraîné la scission de ce courant. Le deuxième dialogue que Frank souhaite entretenir est celui avec la communauté marxiste, et cela se cristallise dans son débat avec Robert Brenner sur l’origine du mode de production capitaliste. À l’issue de ces discussions, Frank prend conscience de l’impossibilité pour lui de conduire un discours dual, intégrant à la fois des questions de développement et des éléments néo-marxistes. Frank se rapproche alors de la discipline historique au terme de sa carrière dans les années 1990.
Ce rapprochement se fait sur deux aspects. Le premier s’opère sur un plan conceptuel, et aboutit à une redéfinition du concept d’impérialisme. À partir de l’émergence de cette nouvelle théorie du capitalisme et de l’impérialisme allant jusqu’à -3000, il propose une nouvelle analyse des cycles, et, ce faisant, il intègre la communauté des historiens globaux.